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Le feuilleton de l’été…Patrice de Maistre de nouveau placé en garde à vue

bettencourt 30 juillet
Les locaux de la brigade financière, rue Chateau des Rentiers, à Paris

 

 

 

Après l’audition comme témoin d’Eric Woerth dans l’affaire Bettencourt, jeudi 29 juillet, Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, a été une nouvelle fois placé en garde à vue vendredi 30 juillet dans les locaux de la brigade financière à Paris. M.de Maistre avait déjà été entendu les 15 et 16 juillet en même temps que François-Marie Banier, Fabrice Goguel et Carlos Vejarano.
Les policiers souhaitent obtenir des précisions sur des rendez-vous entre lui et d’autres protagonistes de ce dossier. Ils veulent également confronter son témoignage avec celui des autres acteurs de cette affairedont celui de M.Woerth. Les enquêteurs ont relevé des divergences entre le ministre et M.de Maistre, à propos de l’embauche de Florence Woerth chez Clymène, la société de gestion de la fortune de Mme Bettencourt.

Selon M.Woerth, hormis lors d’une conversation banale et informelle, jamais il n’a parlé de son épouse avec Patrice de Maistre. Et de toute manière, «à aucun moment M.Woerth n’est intervenu pour que son épouse soit embauchée». Voilà en substance, ce que, selon son avocat Me Jean-Yves Leborgne, qui n’a pas assisté à l’audience, M.Woerth a concédé jeudi 29 juillet, aux policiers. Ils étaient venus l’interroger au ministère du travail, rue de Grenelle dans le 7e arrondissement de Paris, dans le cadre des enquêtes préliminaires ouvertes sur l’affaire Bettencourt par le procureur de la République de Nanterre, Philippe Courroye.

UNE AUDITION DE SEPT HEURES

A la différence des autres personnes mises en cause dans cette affaire, exception faite de Liliane Bettencourt, interrogée à son domicile, l’ex-trésorier de l’UMP n’a pas eu à se déplacer dans les locaux de la brigade financière rue du Château-des-Rentiers à Paris 13e. Comme cela a déjà été le cas dans d’autres procédures pour d’autres ministres en fonction, il a bénéficié, à sa demande, d’un traitement de faveur négocié quelques jours auparavant.

L’audition tant attendue s’est prolongée pendant sept heures. Arrivés vers 9 heures, les enquêteurs sont ressortis de l’hôtel de Châtelet peu avant 17 heures. «Mon client était impatient de répondre point par point», a précisé au Monde Me Leborgne.

M.Woerth a récusé, point par point, tous les soupçons qui pèsent sur lui, depuis l’apparition de son nom dans les enregistrements clandestins réalisés par le majordome de Mme Bettencourt au domicile de celle-ci, entre mai 2009 et mai 2010. Sur le financement politique, M.Woerth a assuré que les versements de Mme Bettencourt à l’UMP pour le soutien à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy avaient été effectués dans le respect strict de la loi – soit 7500 euros maximum par an et par particulier.
Selon M.Woerth, il n’y a jamais eu d’argent liquide: il affirme que sur cette question, les allégations de Claire Thibout, l’ancienne comptable de la famille Bettencourt, sont fausses. «Il a avec vigueur et une énergie particulière, nié avoir reçu un quelconque financement politique qui eût été non conforme à la loi» a insisté Me Leborgne.

Concernant sa rencontre du 19 janvier 2007, dans un café avec Patrice de Maistre, il ne s’agissait que d’un rendez-vous «banal». «On était au début de la campagne, M. de Maistre souhaitait y participer» , a simplement justifié M.Woerth.

Sur le volet d’un possible conflit d’intérêts entre, d’un côté, la double fonction de M.Woerth comme ministre du budget et trésorier de l’UMP et, d’un autre côté, l’emploi de son épouse chez Clymène, M.Woerth avait déjà assuré qu’il avait dressé «une muraille de Chine» entre ses différentes responsabilités, ses activités et celles de son épouse. M.Woerth a répété la même chose aux enquêteurs, récusant une nouvelle fois les suspicions avancées en cette matière.

De même, M.Woerth a écarté devant les enquêteurs, les soupçons de traitement fiscal particulier qui aurait pu être réservé à Mme Bettencourt. Sur ce chapitre, le ministre a renvoyé les enquêteurs au rapport de l’inspection générale des finances (IGF), remis début juillet qui démentait toute intervention.

Au terme de cette audition marathon, M.Woerth mis en cause à plusieurs reprises par des anciens employés de la famille Bettencourt, espère en avoir terminé avec cette affaire qui pèse sur son avenir politique.

Pour son avocat, il n’existe aucune raison qui justifieraient que des poursuites soient engagées à son encontre. «Je compte sur vous pour que ces illusions, ces allégations, ces mensonges qui ont nourri une chronique pendant trop longtemps aient un terme», a lancé Me Leborgne aux journalistes. Pour l’avocat, les explications fournies à l’issue de cet interrogatoire «mettent [son client] en dehors de la polémique».

Yves Bordenave

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