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Au Venezuela, Hugo Chavez multiplie les programmes sociaux pour les pauvres


Radieux, José Velez, 74 ans, ironise :  » Je suis un nouveau riche.  » Vendeur ambulant, il n’a jamais cotisé à la sécurité sociale vénézuélienne. Il s’apprête à toucher 1 548 bolivars mensuels (270 euros), au titre du minimum vieillesse que vient d’instituer le gouvernement.  » Grâce au président Hugo Chavez, je vais mieux manger « , se félicite-t-il. Quand José entend dire que les jeunes mères et les adolescentes enceintes en situation d’extrême pauvreté vont toucher une pension de 430 bolivars, il se fait plus critique :  » Les ados vont toutes se mettre à faire des gamins pour toucher du fric. « 

Amour majeur et Enfants du Venezuela sont les derniers-nés des programmes sociaux de la  » révolution bolivarienne « . Destinés aux catégories de la population les plus vulnérables – le troisième âge et les femmes -, ils devraient faire reculer l’extrême pauvreté de 10,7 % à 3 % en un an. Un budget de 10 milliards de bolivars leur a été alloué.

Candidat à la réélection le 7 octobre, le président Chavez se défend de tout populisme électoral.  » L’opposition dit que nous distribuons de l’argent. Ce n’est pas vrai, ce que nous faisons c’est la révolution, c’est construire le socialisme « , déclarait-il le 9 février.

Maria Corina Machado, députée de l’opposition, accuse M. Chavez d’ » acheter les consciences et les voix « . Mariana Fernandez, assistante sociale et chaviste convaincue, rétorque :  » En treize ans, le Venezuela a connu seize scrutins, entre élections et référendums. Si le gouvernement avait dû s’abstenir de travailler en période électorale, on n’aurait pas fait grand-chose. « 

Les programmes sociaux couvrent large, de la médecine de quartier à la construction de logements, des programmes éducatifs aux marchés subventionnés, de la réforme agraire à l’organisation du  » pouvoir populaire « , en passant par les enfants des rues, les Indiens, les handicapés.

Selon la Commission économique pour l’Amérique latine, il y avait 49,4 % de pauvres quand M. Chavez est arrivé au pouvoir en 1999. Ils sont 27,8 % aujourd’hui. Selon le Programme des Nations unies pour le développement, le Venezuela est aujourd’hui le pays le moins inégalitaire d’Amérique latine.

L’opposition fait valoir que la pauvreté a reculé sur tout le continent.  » Ailleurs, c’est la croissance qui a permis de créer des emplois et d’améliorer les revenus de la population ; au Venezuela, la réduction de la pauvreté est due aux transferts de revenus « , note l’économiste Mauricio Perez. L’opposition se garde d’évoquer un démantèlement des programmes sociaux.  » Nous allons garder ceux qui marchent « , note Henrique Capriles, candidat unique de l’opposition au scrutin présidentiel du 7 octobre.

Les premiers programmes, dits  » missions « , datent de 2003. Elu sur la promesse du changement, Hugo Chavez, qui vient de repousser une tentative de coup d’Etat, se rend compte que l’administration publique ne suit pas. La corruption, l’inefficacité et les résistances politiques sont autant d’obstacles à ses réformes.  » C’est pour court-circuiter l’administration et permettre à l’Etat d’atteindre rapidement les secteurs les plus défavorisés que les missions ont été instituées, explique la politologue Ana Maria Sanjuan. Conçues comme des programmes provisoires d’intervention rapide, les missions sont restées en place, au détriment de la modernisation de l’administration publique. « 

Fonds spéciaux

Le budget de l’Etat prévoit pour 2012 une augmentation de 27 % des dépenses sociales. Il a été établi sur la base d’un baril de pétrole à 50 dollars (environ 38 euros), alors qu’il dépasse les 100 dollars aujourd’hui. Pour chaque baril vendu, 50 dollars s’en vont alimenter les fonds spéciaux, hors de tout contrôle administratif ou judiciaire. Ces fonds contribuent largement au financement des missions.

Leur opacité complique l’analyse de la gestion publique. Nombre de chavistes admettent que seule une meilleure évaluation du coût et de l’impact sectoriel des missions permettra d’en améliorer l’efficacité. Un problème dont José Velez n’a que faire. Il ira voter Hugo Chavez le 7 octobre.

Marie Delcas
 

Commentaire

Un commentaire pour “Au Venezuela, Hugo Chavez multiplie les programmes sociaux pour les pauvres”

  1. Au Venezuela, Hugo Chavez multiplie les programmes sociaux pour les pauvres | veneSCOPE

    16 février, 2012 13 h 12 min

    [...] pauvreté de 10,7 % à 3 % en un an. Un budget de 10 milliards de bolivars leur a été alloué.Via http://www.bsavenir.fr Partager : Cette entrée a été publiée dans Venezuela par Jean-Luc Crucifix. Ajouter aux [...]

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