Devedjian et Madelin les petits fachos

Sacré Vincent Peillon. Pas avare de coups d’éclat, le fringant quinqua du PS, qui avait planté France 2 un soir de débat sur l’identité nationale, vient encore de se distinguer. Et, cette fois, il y avait de l’idée !
Pour dénoncer les fouilles UMP dans le passé judiciaire d’Ali Soumaré, Peillon l’ archéologue a exhumé à son tour un article du très lointain « Petit Varois », lequel narrait les exploits, à l’été 1965, de « deux jeunes dévoyés en vacances à La Croix-Valmer » : course-poursuite avec les poulets de la côte à bord d’une Simca 1000 volée, après avoir tenté de siphonner le réservoir de la voiture du maire, piqué des pièces d’identité et autres objets, s’être procuré un petit calibre 6,35 etc.
Les « dévoyés » en question étant devenus, depuis, les respectables Patrick Devedjian et Alain Madelin, ministre de la Relance et ex-ministre de l’Economie, Peillon le stratège a cru pouvoir jouer les comiques: «Je souhaite véritablement qu’Ali Soumaré fasse une aussi belle carrière. » Résultat ? Un nouveau bide monumental. A gauche, les ténors du PS ont poussé des hurlements de vierges effarouchées. A droite, Madelin et Devedjian, totalement étrangers à l’histoire Soumaré, ont crié au scandale et annoncé que l’affront se réglerait à la barre.
Le hic, c’est que nos compères, qui les réglaient jadis plutôt à la barre de fer, en ont un peu trop fait. « Tout est faux, diffamatoire, ce sont des ragots! », s’est étranglé Madelin. Oublié peut-être, mais diffamatoire, sûrement pas. « Le Canard », qui, à l’époque, avait commis beaucoup de papiers sur le duo, en sait quelque chose. L’autre hic : Peillon est allé, comme d’habitude, trop , vite en besogne. En exploitant un papier qui circulait depuis des mois sur Internet et dans les rédactions, le bougre a cédé à la facilité !
S’il s’était donné la peine de venir au « Canard » faire une recherche d’archives, il aurait trouvé dix fois plus croustillant que la virée en Simca 1000 ! Voyons, tout le monde sait que Madelin et Devedjian ont fait les quatre cents coups lorsqu’ils étaient petits et fachos. C’était le bon temps de la fac de droit à Paris et d’Occident, leur groupuscule d’extrême droite qui faisait le couRde poing et castagnait du rouge à la première occasion. La belle époque des années 60 et des expéditions, punitives à la matraque à l’université de Rouen, où un commando Occident était, par exemple, allé refaire le portrait d’étudiants ennemis.
Pour parfaire sa culture, Peillon aurait pu lire la suite de l’histoire dans’« Génération Occident » (Seuil, 2005), de Frédéric Charpier accusé d’avoir balancé ses potes aux poulets, Devedjian avait passé un sale quart d’heure dans une baignoire, rue Soufflot, avant de s’enfuir par une fenêtre sui les toits, dans son plus simple appareil…
Par pudeur et crainte des homonymies, mais surtout pour cause d’amnistie, « Le Canard » se gardera bien de détailler ici la manière dont toutes ces folles aventures se sont soldées au tribunal. Madelin et Devedjian auraient gagné à plaider, comme Soumaré, l’« erreur de jeunesse ». Et vive la réinsertion !
C. N.

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