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Le renvoi de Chirac devant la justice : une première sous la Ve République

Classé dans: Actualités

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L’ancien président de la République a été renvoyé, vendredi, devant le tribunal correctionnel, pour « abus de confiance » et « détournement de fonds publics », dans le cadre de l’affaire des chargés de mission de la Ville de Paris.Ces moments-là n’ont été agréables pour personne. Au total, Jacques Chirac, bientôt 77 ans, a été entendu à cinq reprises par la juge Xavière Simeoni qui, vendredi 30 octobre, a renvoyé l’ancien président devant le tribunal correctionnel pour l’affaire concernant 21 emplois présumés fictifs à la mairie de Paris.
Six personnages en quête d’un passé lointain, dans le bureau du pôle financier, rue des Italiens, à Paris: la juge, la greffière, le président, l’avocat, ses deux collaborateurs. Des auditions de trois heures, voire quatre, toujours le matin et dans la discrétion. Bien malin qui aurait pris une photo. Les proches du retraité le plus célèbre de France ont apprécié ces manières exemplaires.

A Jean Veil, son avocat, Jacques Chirac, soucieux des détails protocolaires, avait demandé comment appeler la magistrate. Et pour la première audition, la juge et le président étaient allés chez le coiffeur, comme de bons élèves qui avaient déjà fait l’essentiel: travailler leur dossier. « Il ne s’est pas dérobé », dit le vieux compagnon de Chirac, Maurice Ulrich. « Il ne prend pas cela à la légère, mais pas non plus au tragique », ajoute le fidèle préfet, Bertrand Landrieu.

La justice rattrape Jacques Chirac, protégé par son statut présidentiel de 1995 à 2007, alors qu’il n’a jamais été aussi populaire. A la mi-octobre, selon le palmarès politique Ifop pour Paris-Match, il réunissait encore 76% d’opinions positives, comme en septembre, loin en tête.

Ce renvoi tombe mal pour l’ancien président qui publie ses mémoires le 6 novembre et dont la Fondation attribuera un prix pour la paix, le même jour, à la Sorbonne. Il sera aussi la vedette de la Foire du livre de Brive, le lendemain, en Corrèze, avant de réaliser un « Vivement dimanche » avec Michel Drücker diffusé le 29novembre, jour de ses 77 ans.

Jacques Chirac est cependant parti assez serein, vendredi 23octobre, pour son habituel séjour marocain à l’hôtel de la Gazelle d’or à Taroudant, en compagnie de son épouse Bernadette et de son petit-fils Martin. Avec un programme minimum: un peu de lecture et « doigts de pied en éventail ». Le retour est prévu samedi.

Ainsi, l’ancien chef de l’Etat n’était-il pas à Paris pendant cette semaine particulière, où à peine terminé le procès Clearstream, Charles Pasqua, condamné dans l’ »Angolagate », l’a mis en cause. Dominique de Villepin et Alain Juppé ont volé à son secours

Béatrice Gurrey

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